Assassination Classroom : la fin d’un manga déjà cultissime!

Amis et fans de Koro c’est avec émotion que je commence cet article alors que le dernier volume des aventures du prof poulpesque sort dans votre magasin préféré d’ici peu. Du coup, il était normal de faire une petite review de cette géniale histoire qui nous a passionné pendant 5 ans.

L’auteur et l’œuvre

Le père de Koro se nomme Yusei Matsui. Il est auteur de deux autres séries tout aussi délirantes : Bobobo-bo Bo-bobo et Neuro, le mange-mystères.

Il a écrit Assassination Classroom de novembre 2012 à juillet 2016. La version française est éditée par Kana et disponible depuis octobre 2013.  La série est composée de 21 tomes, dont le dernier sortira le 29 juin dans nos contrées. Une série animée a été produite par le studio Lerche et diffusée depuis 2015 sur Fuji TV. Elle est composée de deux saisons pour un total de 47 épisodes. Il y a également deux OAVs parus en 2013 et 2014 ainsi que deux films live sortis en 2015 et 2016.

J’ai d’ailleurs découvert ces 3 séries grâce au jeu J-stars Victory VS+ sur PS3 mettant en scène les différents héros publiés dans le magazine Weekly Shônen Jump à travers les époques dans un jeu de baston épique. L’auteur est donc régulièrement publié dans ce magazine.

L’histoire

Koro est une créature étrange et inhabituelle ayant en gros la tête d’un emoji sur un corps de poulpe. Bon, je dis emoji pour pas trop faire vieux con, mais si je devais vraiment revenir à l’origine même de ces têtes de smileys, il faudrait revenir à la catastrophique mode des badges acid et autres accessoires de mode associés datant des années 80. Sachant que c’est quand même une pub à peine voilée pour de la drogue et vu à quel point Koro est speed, on pourrait être tenté de faire un raccourci un peu rapide mais restons soft et acceptons que cet étrange faciès ne soit présent que pour lui donner un air plus sympathique.

Koro est donc une créature étrange bourrée de pouvoirs fantastiques. En voici une liste non exhaustive, histoire de ne pas tout révéler :

  • Il va régulièrement à Mach 20 (20 fois 340m/s donc 6800m/s donc 24480 km/h!!!).
  • Il peut générer un mucus qui annule les frottements de l’air et augmente donc sa vitesse.
  • Il peut muer une fois par mois et utiliser sa mue comme protection.
  • Il a une anatomie anormale pour un être humanoïde.
  • Il peut utiliser l’armure ultime en dernier ressort.
  • Il peut aller si vite qu’il crée des clones de lui même. (le rêve d’un prof qui veut faire de la différenciation!)

L’une des caractéristiques de tous ses pouvoirs est qu’ils sont totalement et démonstrativement impossibles, ce qui ajoute à la personnalité délirante du personnage. Cela dit, cette dimension inhumaine est un atout afin de souligner les nombreuses qualités humaines du personnage. Je prendrai d’ailleurs un moment dans un futur « Science VS Manga » pour faire le scientifique haineux et démonter ces pouvoirs absurdement gigantesques à coup d’équations de triste physicien sans âme !

On ne sait pas grand chose sur ses origines, mais on sait que s’il n’est pas assassiné dans l’année scolaire qui suit, la Terre explosera comme la Lune l’a fait au début de l’histoire. Pourquoi une telle créature choisit donc de devenir professeur ? Vous le découvrirez bien assez vite !

Il choisit la classe E du collège de Kunugigaoka pour raisons personnelles. Cette classe est en fait une classe de « ratés » volontairement réunis par l’impitoyable proviseur du lycée Gakuo Asano. Ce dernier a créé cette classe en suivant une vision violente de la pédagogie (bien éloignée du système suisse…) qui veut qu’en menaçant de faire chuter les élèves dans la classe des « ratés » (dont tout le monde se moque et souffrant de nombreux désavantages et humiliations comme, par exemple, monter la montagne chaque matin pour atteindre leur classe isolée du reste de l’école…), les autres élèves travailleront sans relâche afin d’éviter cela.

La classe E vient de perdre sa prof de classe Mme Yukimura. Koro (qui ne possède pas encore ce nom) décide de proposer au proviseur de la remplacer et de former la Classe E à devenir une classe d’assassins afin qu’ils soient capables de sauver la planète en le tuant avant la date fatidique. En échange, il se met à disposition de son nouveau patron qui peut aussi tenter de le tuer à tout moment. Les gouvernements mondiaux offrent, d’ailleurs, une prime énorme à celui qui arrivera à le tuer et de nombreux tueurs à gages interviendront afin d’essayer de gagner cette dernière. Mais comment tuer une créature possédant d’énormes pouvoirs, allant à 24400 km/h et possédant un instinct de survie plus performant que celui du meilleur des chasseurs de primes ? Il faudra bien trouver un moyen… Cependant, son vrai pouvoir, c’est d’être un professeur exceptionnel !

Il va donc former ses élèves à devenir de bons assassins (le gouvernement japonais garde bien sûr un œil là-dessus et envoie l’un de ses meilleurs éléments pour superviser Koro et les élèves : L’ancien militaire Tadaomi Karasuma, qui deviendra leur professeur d’éducation physique). Mais son véritable objectif est de redonner confiance à ses élèves, d’augmenter leurs résultats dans toutes les branches et de faire que la classe E soit la numéro une du collège toutes catégories confondues. Ceci détruirait totalement l’idéal pédagogique du proviseur et changerait la philosophie de tout l’établissement. Tout cela sur fond d’assassinat bien sûr…

Il recevra son nom de Koro-sensei par l’une de ses élèves, Kaede Kayano. C’est la contraction de korosenai (impossible à tuer) et sensei (professeur). Un nom bien porté ! Voilà pour le pitch, aller plus loin serait vous spoiler cette génialissime histoire qu’est Assassination Classroom !

Tadaomi Karasuma

 

Personnages (sans spoil)

Avec 28 élèves (et nombre d’autres personnages secondaires), il y a vraiment de quoi développer la variété des protagonistes. Chacun d’eux est nécessaire au développement complet de l’histoire mais il y a quelques personnages dont l’importance est bien plus marquée :

Koro-sensei

Créature mi-poulpe, mi-humaine complètement délirante voulant sauver la classe E des humiliations qu’ils subissent. Entre autres traits de caractère il a des réflexes particulièrement vifs et est un poil pervers. Il a un passé trouble que l’on découvrira petit à petit ce qui nous expliquera d’où vient cette soudaine vocation, cette apparence et ses pouvoirs/réflexes inhumains. Il a également une propriété curieuse, son visage et son corps changent de couleur en fonction de ses humeurs ! Notons encore qu’aucun métal ne peut le blesser mais qu’il est très sensible à une espèce de caoutchouc spécial anti-tentacule, bonne astuce scénaristique pour éviter que les élèves ne se blessent !

Tadaomi Karasuma

Employé du gouvernement pragmatique envoyé pour surveiller Koro et tenter de maximiser les chances de la classe dans leurs tentatives d’assassinat. Ancien militaire, il a des capacités au combat excédant de très loin l’énorme majorité des tueurs et autres menaces rôdant autour de Koro et pouvant menacer la santé des élèves. Sa relation avec la prof d’Anglais est de loin un des éléments les plus drôle de l’histoire. Il finira par fortement se lier d’amitié avec les élèves de la classe.

Irina Jelavic – alias Bitchi-sensei – alias Irina Poufanovitch (en VF, dur de traduire cela…)

Irina est une tueuse à gage de renommée internationale venue pour tuer Koro. Employée de Lovro elle est très douée dans la séduction et utilise ses charmes pour tenter d’endormir la méfiance de notre gueule d’emoji préférée. Après quelques échecs, elle accepte de rester dans la classe E afin de leur enseigner l’anglais… et ses techniques de tueuse. Sa maîtrise des langues et de l’art oral apportera de nombreuses compétences à la classe qui deviendra experte en roulage de pelle ! (si, si…) Cela dit elle ne laissera pas tomber sa mission pour autant et réserve encore bien des surprises. Elle tombera rapidement sous le charme froid et inaccessible de son collègue de l’éducation physique.

Lovro

Lovro est un formateur de tueur. Mentor d’Irina, il finira par apporter son expérience à la classe et apprendra ses premières techniques mortelles au petit Mozart de l’assassinat se cachant dans la classe E : Nagisa Shiota. Il finira grièvement blessé par un ennemi invisible ayant abattu de nombreux tueurs à gages.

Shinigami

Shinigami (ce qui veut dire « dieu de la mort » pour ceux qui ne connaitraient ni Bleach ni Death note) est une légende. Un tueur si efficace qu’il est même un danger pour ses pairs. Après une courte disparition, on pense qu’il serait de retour et tenterait de tuer ceux qui s’en prennent à Koro afin de se réserver cette proie pour lui tout seul, mais peut être a-t-il d’autres motivations ? Enfin, si il existe…

Shiro – Itona

Shiro et Itona sont deux adevrsaires de Koro. Shiro est le mentor et Itona l’arme. Shiro est visiblement un scientifique ayant implanté des tentacules dans le corps du jeune Itona afin qu’il puisse concurrencer et dépasser Koro, entre autres dans le domaine de la vitesse.

Les élèves :

Nagisa Shiota

Petit génie de l’assassinat, Nagisa est le plus apte à atteindre Koro et sera le premier à essayer. Il est, en fait, totalement en admiration devant son poulprof et son ambivalence au niveau des sentiments devant accompagner un vrai assassin face à sa cible vont parfois le placer en opposition à une partie de ses camarades. Il ne paraît pas avoir de capacités remarquables mais cache bien son jeu. Il note patiemment tous les points faibles de Koro et sera l’artisan indispensable à tous les plans élaborés par la classe afin d’atteindre leur monstre supersonique préféré. Coaché par Lovro, il finira par développer des capacités étonnantes.

Karma Akabane

Élève rebelle étant tombé en classe E pour raisons disciplinaires à cause de sa propension à tout régler par la force (qu’il maîtrise, et pas qu’un peu), Karma est un génie absolu. Il est bon, voire très bon dans absolument toutes les matières et tous les domaines. Son génie ne lui permettra pourtant pas de tuer Koro et il devra apprendre à travailler en équipe et faire profiter les autres de son talent pour arriver à faire quelque chose dans cette classe. Très hautain au début, il finira par devenir plus concentré et à essayera de donner le meilleur de lui même pour atteindre son but. Il a une tendance perverse pour les petites tortures (bien sadiques), comme remplir le nez de ses victimes de wasabi une fois immobilisées.

Kaede Kayano

Kaede est une élève standard et moyenne mais qui peut s’avérer redoutable par le fait que l’on ne se méfie pas d’elle. Elle est celle qui a donné sa coupe à Nagisa et semble éprouver une certaine attirance pour lui. Note amusante, elle déteste les fortes poitrines, ce qui ne l’aidera pas à apprécier sa prof d’anglais alias Mme Pouffe dans les premiers tomes.

Gakushu Asano

C’est le fils surdoué du proviseur, leader de la classe A (les plus forts). Eternel rival de la classe E et plus particulièrement de Karma, il fera tout son possible pour surpasser la classe E et mener sa classe au sommet afin de prouver sa supériorité à son père.

Ritsu – batterie d’artillerie autonome

Élève curieuse car il s’agit en fait d’une espèce d’armoire numérique multi-fonctions composée de multiples armes cachées et hautement performantes. Elle est, en plus, dotée d’une interface graphique d’une élève du même âge que les autres. Koro la reprogrammera pour qu’elle ne mette pas en danger ses camarades et elle deviendra une alliée précieuse dans de nombreuses situations.

La Lune

Elle s’est faite exploser par Koro. Rien de plus, mais j’avais envie d’en parler histoire de moucher mon pote Goku qui ne peut plus se transformer faute de rayons Blutz insuffisants…

Et… tous les autres!

L’animé

L’animé est vraiment bien réalisé. L’impression de vitesse est extrêmement bien rendue et je dois avouer que j’ai dévoré chaque saison d’une traite. Je craignais beaucoup que le côté dynamique de sa puissance et de sa vitesse ne soit pas bien rendu dans l’animé mais c’est tout le contraire. La vitesse est encore mieux ressentie et cela donne une dimension supplémentaire à l’histoire.

Un scénario peu crédible et difficilement exploitable ?

Un ami m’a emprunté mes mangas afin de lire l’histoire et m’a extrêmement bien résumé le problème de celle-ci : « C’est pas possible. Si c’est le héros et qu’ils doivent le tuer, ça doit être un enfoiré parce que si c’est un prof qui fait ressortir le meilleur d’eux-mêmes c’est qu’il est bien et ils ne voudront pas le tuer. Par contre si c’est un con, ce ne sera pas un héros et il n’y aura pas d’intérêt… ». Et il a bien raison. Avec un idée de base pareille comment faire une histoire captivante et crédible ?

C’est bien là que se situe la grande force d’Assassination Classroom ! La problématique de tuer ou non. C’est hallucinament bien tourné et la classe débattra et s’affrontera même sur le fait de continuer la mission ou d’essayer de trouver un moyen de le sauver. De nombreux problèmes d’éthique et de société émergeront et seront admirablement bien traités, ce qui est une grosse performance pour un manga sensé être aussi léger et fun.

Les points forts

En plus de ce que j’ai déjà expliqué au paragraphe précédent, ce manga possède de très nombreuse qualités qui en font une œuvre majeure !

La longueur de l’histoire et le timing sont impeccablement bien gérés. L’histoire n’a pas de temps morts ou d’éléments inutiles ce qui fait que ce manga appartient à la liste trop courte des mangas ni trop longs, ni trop courts. Que ce soit en animé ou en manga d’ailleurs. Yusei Matsui a eu la géniale idée de mettre des mini-jeux dans beaucoup de tomes (surtout au début). Il y a des indices pour les résoudre cachés dans les planches. Parfois on a l’impression de lire le journal de Mickey. C’est con… mais ça passe bien !

Les aspects psychologiques de chaque personnages sont très détaillés et développés. Chaque élève possède un historique et des capacités propres qui seront utiles à tel ou tel moment de l’histoire. Les enseignants, le proviseur, les autres élèves qui les humilient, les parents, les tueurs, le gouvernement, la société, tout cela mène à un final splendide duquel ressort un torrent d’émotions. L’humour est mythique. Ce prof est un taré intégral. Même les élèves ont tous des travers, histoires et personnalités à mourir de rire. La prof d’anglais ex-tueuse génialement nommée Irina Jelavic mais traduit en Jela-bitch (très compréhensible vu la personnalité d’Irina) en est un bon exemple. Le personnage de Karma est tellement à mourir qu’à lui seul il mériterait son spin-off.

La critique de la société est très pertinente et fait beaucoup réfléchir au monde dans lequel on vit mais sans se prendre au sérieux. Bon, il faut bien avouer que cela représente plus la société japonaise qu’européenne, mais les impératifs de compétitivité sont des sujets nous concernant aussi. En tant que prof, cette série me parle énormément car notre job de formateur y est très bien et justement représenté.

Le développement personnel de chaque personnage est assez riche d’enseignements pour notre propre développement personnel. Difficile de ne pas se poser les questions « Comment étais-je quand, moi, j’étais à l’école ? », « Qu’ont fait mes profs pour moi ? » et « Comment ai-je construit ma vie depuis ? ». Il faudra cependant arriver au bout de l’histoire pour ressentir la finalité de certaines de ces questions.

On s’indigne du traitement des élèves et on a envie de changer les normes qui poussent à cette compétition. Cependant, ce qui est étonnant c’est la dimension pédagogique plus que juste et pertinente de Koro-sensei. Cette différenciation sur chaque élève et les méthodes pédagogiques plus basées sur la réalisation des objectifs personnels en premier lieu, et seulement ensuite sur ceux de la société (tout cela en s’amusant) sont autant de sujet qui me tiennent à cœur en tant qu’enseignant. J’aimerais beaucoup être capable d’avoir un enseignement tendant vers cet objectif mais la réalité est parfois plus complexe. Cela dit les pouvoirs de la vitesse de Koro, et le fait qu’il consacre toute sa vie à cela pendant une année (vu qu’il espère mourir au final) font toute la différence.

Avec un tel degré d’exigence, un enseignement permettant de pousser les qualités de chacun de ses 28 élèves est totalement impossible ! Sachant que je ne peux pas faire 10 clones de moi-même répondant en même temps et qui peuvent à la fois corriger, créer des exercices supplémentaires, expliquer, guider et éviter un couteau dans la même seconde (cela pour 6-7 matières en même temps), je me retrouve déjà heureux si j’arrive à faire le 20ème de ce qu »il fait ! Mais purée…. qu’est-ce que ce serait top d’avoir le pouvoir de faire ça !

Au niveau action, les planches sont très bien dessinées et franchement, on ne s’ennuie pas une seconde. Les stratagèmes des élèves pour l’assassiner sont souvent mythiques, dynamiques et monstre cools à suivre !

On rit, on est pris par surprise de nombreuses fois, on réfléchit aux impératifs de la société nous entourant, on apprend des trucs, on se prend d’amitié pour tous (je dis bien tous) les personnages (à part éventuellement l’horrible Yanagasiawa), on veut les soutenir, on veut le sauver, on stresse pour les élèves en compétition avec les autres, on s’indigne de ce système inhumain… mais pas trop quand même (et on en rit au final, à l’image de Kunudon, la mascotte élitiste de Kunugigaoka qui va finir au bord du suicide vers la fin), on joue, on repense à comment on était à l’école (ou à comment on fait actuellement pour les profs comme moi). Au final on en sort heureux, et moins cons… Que demander de plus ?

Merci d’avoir lu l’article et à la prochaine!

Oribu Sennin

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