[CRITIQUE] Marvel’s Spider-Man: Le Blockbuster de la rentrée

Condition du test: Test réalisé sur PS4 Pro en 4K HDR.

Dévoilé lors de l’E3 2016, Marvel’s Spider-Man est immédiatement rentré dans le rang des exclusivités Sony sur lesquelles il fallait compter. Deux ans plus tard, nous pouvons enfin tisser notre toile entre les buildings new-yorkais dans un jeu d’action open-world qui rappellera beaucoup de souvenirs aux fans de l’homme-araignée lors de la génération Gamecube, Playstation 2, Xbox et un certain Spider-Man 2, adapté du film de Sam Raimi… 

Pourtant, 14 années plus tard, l’araignée a bien changée, et pas uniquement au niveau des graphismes. Trônant parmi les super-héros les plus populaires, toute maison d’édition confondue, le tisseur s’est retrouvé de nombreuses fois au cinéma depuis: Entre le troisième opus de la trilogie qui le voyait affronter Venom, deux «Amazing» aventures devant la caméra de Marc Webb et une arrivée en grande pompe dans le MCU, Peter Parker aura accompagné de nombreux enfants et adolescents du second millénaire.

Côté jeu-vidéo, nous n’étions pas en reste avec 6 titres majeurs sortis depuis 2007. Honnêtes, mais bien loin d’être des expériences marquantes, ces différents titres font aujourd’hui place à Marvel’s Spider-Man. C’est à Insomniac Games qu’est revenue la tâche d’offrir un titre en monde ouvert ambitieux à la licence. Connus pour leur travail sur Spyro, Resistance ou encore Ratchet & Clank, le studio a pourtant déjà du savoir-faire dans l’open-world d’action… Remontons en 2014, les développeurs faisaient alors une petite infidélité à Sony et dévoilèrent au grand public un certain Sunset Overdrive, en exclusivité sur la très jeune Xbox One. Aujourd’hui de retour auprès de sa compagne de toujours, l’équipe semble pourtant avoir beaucoup appris de sa petite aventure pour le développement du titre qui nous intéresse aujourd’hui, surtout au niveau du rythme et du fun proposé…

Empire State of Spidey

Dès les premiers instants du titre, une chose saute aux yeux, le titre est incroyablement beau et exploite à fond les capacités de la Playstation 4. Que ce soit sur un point technique ou visuel, jamais l’araignée n’aura profiter d’un soin aussi poussé. La presqu’île de New-York se dévoile quartier par quartier et fait profiter au joueur d’une immersion sans pareil dans la grosse pomme. Malgré quelques retard à l’affichage pour certaines textures, difficile de prendre à défaut le titre. Les éclairages se révèlent parfois impressionnants, particulièrement lors du coucher de soleil, et se plonger dans le costume de Spider-Man se révèle particulièrement satisfaisant, la souplesse du tisseur étant parfaitement retranscrite à l’écran.

Grâce à un système de déplacement instinctif, basé sur le maintien de la gâchette R2 et le bouton de saut, s’aventurer dans la ville qui ne dort jamais s’avère particulièrement agréable et fluide. Difficile alors d’emprunter les points de déplacements rapides qui, bien que disponibles et offrant un moment souvent sympathique, viennent quelque peu gâcher le rythme du jeu. Pourquoi s’arrêter de tisser notre toile alors que le plaisir de déambuler de buildings en buildings est si grisant ? Les développeurs se sont d’ailleurs amusés à créer de nombreuses animations uniques à l’image des passages de grimpette par une cage d’escalier pour notre simple plaisir visuel et sensoriel.

Sans surprise, ni originalité de notre part, difficile de ne pas aborder le système de combat sans le comparer à la licence Batman Arkham. La recette est, ici, appliquée avec soin: Un bouton pour les attaques au corps à corps, un autre pour les frappes lointaine avec différents spider-gadgets, une esquive et un finisher une fois la barre de combo chargée. Simple, basique. Cela va pourtant changer au fil de votre aventure, puisque nous pourrons améliorer nos super-compétences et rendre les séquences de combats bien plus agréables et diversifiées. Les criminels, pourtant supérieurs en nombre et ayant une fâcheuse tendance à chasser les arachnides à coup de lance-roquette, auront la vie dure grâce à vos talents de Spider-joueur. Les combats, particulièrement dynamiques de part les facultés de notre personnage, s’abordent alors de nombreuses manières et se révèlent bien souvent jouissifs, malgré le gros paquet de quêtes secondaires qu’il faudra accomplir pour se permettre d’investir dans de nouvelles compétences pour notre héros. De plus, afin de diversifier son gameplay, le jeu nous plongera dans la peau de deux autres personnages pour des phases d’infiltrations qui se révéleront vite molles et frustrantes, renfiler le masque se faisant alors attendre impatiemment.

Spider-Fan-Service

En digne héritier des open-worlds modernes façonnés par Assassin’s Creed, Marvel’s Spider-Man propose son (très) gros lot d’objectifs secondaires parsemés sur la carte, que l’on révèle (évidement) en piratant des tours radios. Chaque point sur votre carte vous permettra alors de participer à un certain style de missions (recherche de sac à dos 100% fan-service, démantèlement d’une base ennemie, photos de monuments, capture de pigeons, etc.) fortement répétitives et, parfois, fatigantes. Pourtant, tout fan de Spidey passera par là pour débloquer nouvelles techniques mais aussi, et surtout (soyons honnêtes), de nouveaux costumes issus de divers univers du tisseur…

Difficile de ne pas succomber au charme de tout ce fan-service offert par Insomniac Games. Outre les différents costumes, nous pourrons en effet découvrir de nombreux petits easter-eggs qui charmeront les amateurs de l’univers du jeu. Entre la tour des Vengeurs, un traditionnel caméo de Stan Lee, les références à Daredevil et consorts, difficile de ne pas fouiller la ville à la recherche des petits détails qui combleront les fans de la Maison des Idées tout en profitant du (génial) podcast audio de J. Jonah Jameson.

Une histoire cousue de toile blanche ? 

Profitons-en pour nous pencher sur un point crucial: Le scénario. Exit l’adaptation du MCU, place à une histoire originale dans laquelle nous incarneront un Peter Parker expérimenté après plus de 8ans de « Grand pouvoir qui implique de grandes résponsabilités ». Finie la vie de photographe de presse ou de vendeur de pizza, il est aujourd’hui assistant du Dr. Octavius et sa relation avec Mary-Jane (reporter au Daily Bugle) s’est terminée depuis six mois alors que Norman Osbourne est maire de la ville et que Tante May travaille au centre F.E.A.S.T avec Martin Li. Notons d’ailleurs l’excellent travail d’adaptation de la VF menée par un Donald Reignoux (voix d’Andrew Garfield dans les The Amazing Spider-Man) savoureux qui saura donner du corps et du coeur à notre homme-araignée, se permettant même d’inclure dans ses dialogues quelques références à la pop-culture francophone. 

Semblant, dans les premières heures du jeu, assez prévisible, le scénario concocté par les auteurs d’Insomniac Games se révèle finalement bien plus surprenant et osé que prévu. Certaines scènes viendront surprendre, émouvoir le joueur et mettront en lumière toute la subtilité du personnage principal, qui, outre ses blagues et sa bonne humeur, révèle ses doutes et ses faiblesses au fil d’une quête qui pioche ça et là dans les diverses aventures de Spider-Man. Certains fans hurleront peut-être au sacrilège quand à l’utilisation de certains personnages mythiques, mais nous préférons y voir une belle connaissance du matériau de base et une originalité bienvenue.

Si nous échappons aux origines des pouvoirs de Peter Parker, les principaux antagonistes profitent quant à eux d’un développement subtil qui finira malheureusement gâché par des combats de boss fort décevants. Le nombre conséquent de super-vilains nous promettait de nombreux combats mano a mano dantesques, il n’en sera rien. Ceux-ci étant cantonnés à faire des équipes de deux que nous affronteront de manière répétitive, puisqu’il suffira de répéter les mêmes actions plusieurs fois pour venir à bout de nos ennemis mortels. Dommage.

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