Dans le mood DOOM

Je brûlais d’envie de vous parler d’un certain Doom, mais pas LE Doom premier du nom, sorti il y a une époque lointaine, très lointaine, que les moins de 20 ans ne pourront connaître qu’en se replongeant dans le passé, qui a donné le nom à un genre ; le DOOM-LIKE, nommé plus tard le FPS, qui est devenu depuis un genre ultra joué. Et plus les temps passent, plus les gamins laissent tomber les Mario et les Pokemon pour des Call Of et autres Fortnite. Donc le coupable vous l’avez, c’est ce cher Doom. Bref, aujourd’hui c’est du reboot sorti en mai 2016 sur PS4 et Xbox One, et qui a eu droit à son portage Switch un peu plus d’un an plus tard, dont on va s’intéresser.

ENFILE TA DOUDOOM

Pourquoi ? me demanderez-vous. Tout simplement parce que c’est un grand jeu. Un jeu qui tue, car âmes sensibles s’abstenir, c’est des monstres visqueux venus tout droit des plus profonds recoins des enfers qu’on va tuer. Ce qu’il faut savoir en posant ses doigts sur la gâchette, c’est que le jeu, comme son illustre ancêtre, ne fait pas dans la dentelle.

Le bestiaire est varié, passant du mutant maigrichon éliminé en deux-trois coups de poings à l’immense bête obèse-morbide, du genre à avoir bu tellement de bière que son ventre bedonnant l’empêche de marcher vite, mais ce qui lui permet en revanche d’être d’une coriacité à toute épreuve. Et là encore, on fait dans le bourrin le plus total, et donc le plus jouissif, je veux bien parler des armes. Pour éliminer la menace, au choix ; un flingue de base, franchement faiblard mais qui a l’avantage d’avoir une réserve de munitions illimitée, puis les classiques mitraillettes, fusil à pompes, à plasma, etc… mais aussi une tronçonneuse qu’il vous faudra utiliser avec parcimonie, et le meilleur pour la fin… le BFG (traduisez Big Fuckin’ Gun), dont je ne me permettrai pas de spoiler la puissance pour ceux qui ne l’ont jamais testé à la foire du coin, ou lors du dernier repas en famille, mais vu le nom de l’engin, je vous laisse imaginer les dégâts.

BA DOOM TSS

Je vous parlais également des poings de notre cher Doom guy (oui les dévs n’ont pas voulu se faire chier à lui trouver un nom alors on l’appelle comme ça, et si ça vous plaît pas c’est la même chose). C’est une des nouveautés figurant dans le Doom nouvelle génération, on peut foutre des coups aux créatures. Cela ne leur infligera que très peu de dégâts donc le but sera de ne pas trop s’y approcher, jusqu’au moment où l’ennemi après plusieurs tirs infligés, sera en surbrillance, et vous pourrez à ce moment précis lui infliger une patate de forain dans la tronche pour lui asséner un glory kill, qui l’achèvera sur le coup, et qui variera de façon sympathique entre quel genre de monstre est l’heureux élu, ainsi que si vous vous trouvez devant ou derrière lui. Toutefois, cette option qui vous facilitera un peu la tâche, n’est évidemment pas obligatoire, libre à vous de vous en occuper qu’à l’arme à feu ou à la grenade. Sachez enfin que les armes possèdent plusieurs niveaux d’améliorations, tout comme, au fil de la campagne, vous pourrez augmenter la capacité de vos munitions, mais aussi de votre santé et de votre armure.


Avant…


… Après

EXUTOIRE

Si vous en êtes arrivé à ce paragraphe vous avez donc bien compris que le jeu est extrêmement bourrin, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. Et c’est ce qui fait le charme de ce reboot. Il assume sa réputation et y va à fond et c’est ça qui fait plaisir !

Certains vont se défouler à la salle, d’autres sur un punching-ball, puis il y a les rage room. Et il y a Doom. On tire dans le tas, on explose, on démembre, et ça fait un bien fou. Comme beaucoup d’entre vous, j’aime les jeux poétiques, bien scénarisés, qui racontent une histoire et qui nous emmènent dans un univers enchanteur, cela ne m’empêchera pas de garder en moi une rage qui, en jouant à ce genre de jeux, au contraire de ce qui se dit dans les médias généralistes, permettent de garder son calme dans les situations de la vie qui nous donne envie de péter un câble. Qui sait ? sans ces jeux j’aurais peut-être déjà quelques cadavres dans mon placard… enfin ne nous éparpillons pas.
Le début du jeu donne le ton de manière totalement légendaire. On enfile l’armure, le magnifique casque reluisant puis quelqu’un nous parle via une tablette à notre droite. Qu’est-ce qu’on fait ? on éclate la tablette contre le mur en plein milieu du discours et on avance. Jubilatoire !

Le ton est donné, puis tout est très typé old school. Aucune possibilité de courir vite en appuyant sur le stick gauche, puisque Doom est un fast FPS. Comprenez par là que l’on court déjà vite, comme dans les FPS de l’époque où rien n’est fait pour paraître réaliste. Il y a également le double saut et la possibilité de s’agripper aux bords des précipices, ce qui rend le gameplay dynamique à tous les points de vue. D’ailleurs, ID Software a même pensé à nous laisser quelques moments de répits avec certains moments de plate-forme entre les combats. Et encore une fois, tout est maîtrisé, tout est clair, beaucoup de chemins labyrinthiques et d’aller-retour font partie de l’aventure et pourtant, tout cela se fait avec le plaisir de trouver la prochaine porte à ouvrir (certaines demandent même de choper une partie d’un cadavre pour passer, comme un scanner rétinien n’acceptant pas de vous laisser passer).

ID software a de l’expérience et ça se sent jusque dans les moindres détails. Une tonne de clins-d’oeil ont été disséminés ici et là, en rapport avec leurs jeux passés (dont Quake) mais aussi aux franchises Bethesda (l’éditeur), on retrouvera donc un casque venu tout droit de Skyrim ou aussi des affiches de Fallout 4. C’est ça former une famille, The Evil Within 2 l’a aussi fait un peu plus tard d’ailleurs.

LA CHATTE A VINCENT MCDOOM

En ce qui concerne la bande-son, c’est de la bombe atomique !

Dés que plusieurs monstres se mettent à vous encercler, du metal (uniquement instrumental) se met à hurler et rien ne pourrait mieux passer en terme d’ambiance pour accompagner les gunfights. C’est Mick Gordon qui a composé la musique et le mec, qui, à peine 32 ans, a déjà un beau background à son actif puisqu’il est également derrière l’OST de certains Wolfenstein, Killer Instinct, Need for speed, ainsi que le dernier Prey. Hors combat, l’ambiance se veut sombre et malsaine comme il faut avec des bruits étranges, des cris… on sent qu’on se rapproche du cœur de l’enfer. Et on a hâte d’y arriver.

PAS DE PANIQUE, Y EN A POUR TOUT LE MONDE

Pour en finir avec cet avis sanglant, parlons de la version Switch.

J’en profite donc pour parler de l’aspect technique, qui, dans sa version PS4/One est juste impeccable, même s’il faut avouer que les décors manquent de variété, mais en même temps les développeurs n’allaient pas nous mettre des éléphants roses dans des jungle luxuriantes. Si l’aspect graphique est très maîtrisé on ne peut que saluer ID software qui a dû faire un bouleau de ouf guedin pour faire tourner le jeu sans ralentissement ou presque (ça m’est arrivé quelques fois mais ça se compte sur les doigts d’une main), en sachant que je l’ai fait une première fois sur Xbox One et que le nombres d’ennemis affichés à l’écran est parfois assez hallucinant. Puis je l’ai fait sur Switch. Et là, miracle, ça tourne bien. Quelques concessions ont été faites mais si comme moi, il vous arrive d’avoir un besoin pressant et de ne pas vouloir lâcher le pad, jouer à Doom aux chiottes, c’est un plaisir à tester au moins une fois dans une vie !

Car quand vous coulez votre bronze, et qu’au même moment vous viens, par instinct, l’envie de lâcher une roquette sur un putain de démon, en hurlant « dans ta face, fils de pute! » (notez l’allitération en « F ») la scène mérite d’être immortalisée par Tarantino,. En espérant qu’un mec ne vous liquide pas lorsque vous sortez des toilettes.

Un studio du nom de Panic Button s’est occupé du portage de cette version Switch, (ils ont déjà fait le portage de Rocket League sur la même console) et ce qu’on remarque c’est que le plus important pour eux était de bien faire tourner le jeu, qui a quelques ralentissements près, tient la baraque, et graphiquement forcément c’est moins beau mais on sait bien que la console de Nintendo n’est pas aussi puissante que ses consœurs.

Et comme le but du jeu est de tout déglinguer en prenant son pied, cette version Switch s’en sort avec les honneurs. On regrettera seulement l’absence du créateur de map, dispo sur les autres versions et qui était une vraie réussite. Mais le mode multi est présent, et bien que n’atteignant pas les normes des FPS actuels, est super fun, promettant des parties en-DIABL-ées, où l’on pourra à certains moments incarner un démon surpuissant le temps que l’on devienne la cible numero uno et que l’on finisse plus bas que terre.



Donc si certains avaient été déçus par Doom 3 à l’époque et son approche beaucoup plus horreur et plus calme et que vous n’avez toujours pas fait ce Doom, c’est le moment de s’y remettre, rien que par nostalgie. Et si vous n’avez jamais joué à un seul Doom mais que le genre FPS vous plaît, laissez une chance à ce jeu, car il en est à l’origine, et l’hommage que vous lui rendrez en y jouant saura même toucher le cœur en pierre le plus dur de n’importe quel démon du jeu, avec qui, c’est terrible à dire, mais on finit par s’y attacher, tellement on les revoit et on les bute à chaque fois avec joie, le sourire aux lèvres.

Navi

 


PS: Les images qui parcourent cet article sont tirées de la version Nintendo Switch à partir de captures d’écran que j’ai faites.

 

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